Alexandra Louis

Cérémonie commémorative de la Verdière

Vie locale

Cérémonie commémorative de la Verdière

21 Octobre 2018

Le 20 octobre 1943, trente enfants juifs sont arrêtés par la Gestapo avec six de leurs mamans et leur directrice, Alice Salomon, à Marseille. Tous ont été assasinés à Auschwitz. 

Depuis 1992, chaque année une cérémonie commémorative est organisée en hommage aux enfants juifs de la Verdière et aux adultes qui ont perdus la vie de façon tragique lors de ces arrestations.

Alexandra Louis a prononcée un discours (ci-dessous) lors de la cérémonie de commémoration du dimanche 21 octobre dernier.

 

"En ce lieu de mémoire, à ce moment où l’émotion nous saisit communément, je m’imagine ces enfants, leurs regards, leurs mots, leurs angoisses, leurs espoirs et toutes ces émotions et pensées qui ont pu se bousculer dans leurs esprits si jeunes ici.

 

Je tente également d’imaginer ceux qui les ont escortés ici, car il y a eu des hommes pour aller arracher ces douces vies à leur foyer avec pour certains leurs mamans et les amener sur les routes de l’enfer. Au nom de quoi et pourquoi ? D’une d’idéologie ? D’une haine ? La force de l’imagination n’est jamais à la hauteur du drame et de l’ignominie. 

 

Elle ne l’est pas non plus lorsqu’il s’agit de penser à ceux qui se sont élevés contre cette barbarie, les justes, certains connus, d’autres anonymes qui ont risqué leur vie pour en sauver d’autres. Et que dire de ceux qui ont vu ou su et qui n’ont rien fait, les témoins muets. Le devoir de mémoire qui nous réunit ici nous amène parfois à nous interroger intérieurement : qu'aurions-nous fait ?  

 

Ce qui doit, je crois, nous questionner collectivement est comment une idéologie a pu emmener à la mort des millions de personnes et ce que nous devons faire pour la combattre aujourd’hui. Le devoir de mémoire c’est regarder l’histoire avec courage et lucidité et d’en tirer les leçons. 

Car l’antisémitisme n'est pas né en 1933 et n'est pas mort à Nuremberg.  

 

Déjà en 1897, Emile Zola dans sa lettre à la jeunesse s’écriait, je cite : «Des jeunes gens antisémites, ça existe donc, cela ? Il y a donc des cerveaux neufs, des âmes neuves, que cet imbécile poison a déjà déséquilibrés ? Quelle tristesse, quelle inquiétude, pour le vingtième siècle qui va s’ouvrir ! Cent ans après la Déclaration des droits de l’homme, cent ans après l’acte suprême de tolérance et d’émancipation, on en revient aux guerres de religion, au plus odieux et au plus sot des fanatismes ! Et encore cela se comprend chez certains hommes qui jouent leur rôle, qui ont une attitude à garder et une ambition vorace à satisfaire. Mais, chez des jeunes gens, chez ceux qui naissent et qui poussent pour cet épanouissement de tous les droits et de toutes les libertés, dont nous avons rêvé que resplendirait le prochain siècle ! Ils sont les ouvriers attendus, et voilà déjà qu’ils se déclarent antisémites, c’est-à-dire qu’ils commenceront le siècle en massacrant tous les juifs, parce que ce sont des concitoyens d’une autre race et d’une autre loi ! Une belle entrée en jouissance, pour la Cité de nos rêves, la Cité d’égalité et de fraternité ! Si la jeunesse en était vraiment là, ce serait à sangloter, à nier tout espoir et tout bonheur humain.» Fin de citation. 

 

S’il l’avait pressenti et compris bien avant l’heure, Zola ne savait pas que malheureusement l’histoire lui donnerai raison en des proportions que nul ne pouvait imaginer.  

 

Et aujourd’hui, après le procès de Nuremberg, l’édification de la Convention européenne des droits de l’homme qui ont condamnés non pas seulement les auteurs de ces crimes mais également et surtout l’idéologie qui a guidé leurs actes, l’antisémitisme et le racisme ont résisté au temps.  

 

Il n’est pas le seul poison du XXe siècle, il est aussi le fléau du XXIe. Alors oui il faut le condamner à tout heure et en tout lieu car l'antisémitisme ne se condamne pas uniquement dans les prétoires et dans les tribunes politiques.

 

Le premier combat contre l’antisémitisme est un combat contre l’ignorance. Il doit être accompagné par une présence ferme dans le débat public et à un recours systématique à tous les outils juridiques permettant de faire condamner ceux qui le promeuvent. Car l'antisémitisme n'est pas une opinion, c'est un délit."

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